mardi 6 avril 2010

High End Days 2010



Le son fait son show !

Décidément, ce printemps est riche en événements sonores de tous types !

D’un côté, les festivals PRESENCE électronique et Némo, la convention Qwartz 6, sans même comptabiliser d’autres initiatives artistiques plus ponctuelles mais où le son, sa qualité de restitution et sa diffusion multicanal dans des salles de spectacle spécialement préparées sont des facteurs de prime importance…


D’un autre côté, les High End Days, qui attireront les amateurs de matériel haute fidélité haut de gamme les 9, 10 et 11 avril prochains… 


Cette année, l’événement aura lieu non seulement dans Paris mais aussi dans plusieurs auditoriums de province. 




Originalité de cette manifestation : les démonstrations se déroulent chez quelques revendeurs sélectionnés, et ne mettent en scène qu’un nombre limité de configurations d’exception.

Ces High End Days proposent donc d’autres modalités de découverte et une autre ambiance que celle des plus «traditionnels» salons Hi-Fi Home Cinema et Haute Fidélité. 

Ces salons conservent évidemment tout leur intérêt, et permettent d'occuper intelligemment quelques week-end d’automne...


Le tour des marques et des modèles présentés est éloquent :

Electroniques Aesthetics, Avant-Garde et le système Trio à pavillon, enceintes B&W800, enceintes Cabasse «sphériques», Cello, Devialet et l'ampli intégré D-premier, enceintes Stella et Grande Utopia de Focal, Goldmund et la ligne Telos, électroniques Linn, écrans Loewe, électroniques Néodio, écrans plasma Neod, etc. 


Rien que du beau monde !

Signal sur bruit s'est fait un plaisir de frapper aux portes des établissements concernés à Paris et d'en rapporter des impressions d'écoute.




Vers la visite des High End Days 2010

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Laurie Anderson à la Cité de la musique


© photo www.thecityreview.com


Back into the future ?

Laurie Anderson faisait son retour en France les mardi 30 et mercredi 31 mars, seule en scène, dans le cadre de sa nouvelle tournée mondiale. A l'avant-veille de la parution de son nouvel disque Homeland (qui est attendu depuis presque deux ans), son spectacle Delusions - assez bizarrement traduit en français par Un délire - est censé en proposer un avant-goût. 

Mais l'artiste américaine était aussi à Paris pour recevoir le Qwartz d'honneur (qui lui était décerné pour l'ensemble de son oeuvre) vendredi 2 avril à l'occasion de la manifestation Qwartz 6.   

Nous l'attendions au tournant, notre Laurie, car après le déjà ancien mais tout à fait négligeable et insupportablement sirupeux Life on a string (2001), l'on se demandait bien comment elle allait poursuivre sa visite de la nouvelle décennie ! 

Well. La réponse est... mitigée. C'est sûr, la performeuse new-yorkaise excelle toujours dans la narration des ces petites histoires absurdo-technologiques ou philosophiques dont elle a le secret, et qui gratouillent notre intellect et notre sensibilité juste là où ça nous démangeait déjà un peu. Ce spectacle, présenté comme un opéra à une voix (à deux voix en fait), s'articule complètement sur la succession de ces délicieuses saynettes qui n'ont - en dépit des apparences - rien d'anecdotique dans le propos, et qu'elle distille avec un humour froid et une voix presque surjouée qui leur sied à merveille. 

Du point de vue musical en revanche, le bilan est (un peu) moins favorable : Succession plaisante de drones et samples assortis de quelques trilles d'un violon électrique qui nous font quand même regretter l'époque bénie du tape-bow violin - que la sorcière Laurie inventa à la fin des seventies et utilisa jusqu'au sortir des années 80. Et, bien sûr, le jeu sur l'alternance voix naturelle / voix vocodée qui est l'une de ses marques de fabrique. Une prestation malheureusement desservie par une qualité de sonorisation très discutable dans la Grande Salle de la Cité. Niveau sonore trop élevé, grave boursoufflé et souvent inarticulé, manque cruel de définition et de délicatesse dans le registre médium, dont la voix et le violon ont singulièrement pâti (ses deux seuls «instruments» joués live, c'est un comble !).


Conclusion : la bande son de Delusion semble quand même loin des chefs-d'oeuvre du passé que furent Big Science (1982) et Mister Heartbreak (1983). Sans même citer l'époustouflant Bright Red / Tighrope de 1994...












Mais foin de passéisme !

Laurie Anderson avait beau marcher à rebours tout en s'interrogeant sur l'avenir dans la vidéo de «White Lily» (court morceau de l'album Home of the brave, paru en 1986), ne condamnons pas son nouvel opus avant même sa sortie...

On espére donc vous réentendre très bientôt, chère Laurie.





mardi 30 mars 2010

6e Festival PRESENCES électronique



Le son se sculpte aussi !

Cela fait bien des années que le Groupe de Recherches Musicales de Radio France, fondé en 1958 par Pierre Schaeffer, donne à entendre les résultats de ses travaux, diffuse les pièces composées par les artistes qu'il accueille dans ses studios, et poursuit par ailleurs une politique de création de logiciels et d’outils spécialisés (GRM Tools, Acousmographe, CD Rom didactiques…).

Depuis cinq ans, le GRM – qui a rejoint l'Institut National de l'Audiovisuel en 1975 - organise, en marge du festival Présences de Radio-France, la manifestation PRESENCES électronique, dont la 6e édition se déroulait les 26, 27 et 28 mars derniers au Centquatre, ce «nouvel» établissement artistique de la ville de Paris, ouvert à la création contemporaine la plus pointue, et ce dans pratiquement tous les domaines.

Ce sont des raisons «logistiques» qui ont initialement amené les instigateurs de ce festival à se délocaliser au 104, en raison des travaux qui devaient avoir lieu à cette période dans la salle Olivier Messiaen de la maison de Radio France. Mais ainsi, cette édition hors les murs a sans doute bénéficié de la visite d'un public élargi, comme en attestaient les longues files d'attente aux différents concerts (tous gratuits) de cette manifestation. Tout comme elle a pu profiter de l’existence en ce lieu de très grandes salles à la hauteur de déploiements électro-acoustiques exceptionnels.


Signal sur bruit en a fait une visite guidée par Philippe Dao, responsable technique du festival, et à défaut de sons, en revient avec quelques images et informations...





C'est tout d'abord l'Atelier 4 qui s'ouvrait au public pendant ces trois jours, pour les premières sessions d’écoute de 16 h, avec au programme des oeuvres de Karlheinz Stokhausen, François Bayle - qui fût lui même directeur du GRM, ici à droite - et Luciano Berio. L’occasion de redécouvrir des pièces historiques de la musique concrète et électronique, et de constater que Stockhausen, l’autre pionnier de la musique électronique outre-Rhin, fût actif dans ce domaine jusqu’en 1992.

Dans cette immense salle se déployait un dispositif multicanal constitué d'un maillage de quelques 22 points de diffusion : des enceintes traditionnelles de sonorisation (115 XT amplifiées de chez L-Acoustics) disposées sur pieds, posées au sol ou suspendues le long des murs (définissant ce que les ingénieurs du GRM appellent «le cube»). Nous y retrouvions également les historiques boules Elipson BS 40, précieusement conservées par le GRM pour leur rendu acoustique enrobé si particulier (image d'introduction).

En hauteur, un réseau d’enceintes Elipson Planet L dernier cri, et de quatre diffuseurs sonores encadrant la régie. Les Planet embarquent un haut-parleur coaxial professionnel à haut rendement d’origine PHL (présentant une plus grande dynamique que le modèle haute-fidélité équivalent), et ont été repensées en étroite collaboration avec Elipson de manière à pouvoir être suspendues.

Ce système de haut-parleurs était amplifié par deux amplificateurs numériques Lab Gruppen (marque suédoise de matériel professionnel appartenant au même groupe industriel que Tannoy), référence C20 2.8 X (qui embarquent 8 canaux de 250 W, suffisants compte tenu du haut rendement des tranducteurs utilisés), reliés par lien Ethersound à la table mixage Yamaha de la régie centrale.


Les oeuvres multipistes (numérisées ou numériques d'origine) étaient stockées sur Mac Book Pro et lues par le logiciel Digital Performer. Pour des raisons de stabilité logicielle, Philippe Dao avait préféré faire appel une carte externe RME assurant la conversion Fire-Wire 800 (port de sortie du Mac Book Pro) vers le format ADAT accepté par la console Yamaha, ses modules d’interface Fire-Wire étant moins bien gérés par les drivers du système d’exploitation MAC OS.



Le public était invité à s'asseoir ou à s'allonger à même le sol, sur des matelas de mousse en libre–service, les projections sonores se déroulant dans une obscurité quasi-complète, comme pour un vrai happening ! C'est donc une expérience d'immersion sonore totale qui était proposée, dans le cadre d'un espace «non-polarisé» où l'abondance de sources sonores donnait à entendre de beaux effets de spatialisation et de circulation du son.

Les concerts de 18 h se déroulaient dans la salle 200, plus intime, et sonorisée d'une manière presque conventionnelle (8 canaux de diffusion). 


Elle a d'abord accueilli Robin Rimbaud, alias Scanner, pour un set de musique électronique plutôt planante, pilotée une fois encore par un Mac Book Pro équipé du séquenceur Live  et de quelques surfaces de contrôle.




L'arme fatale du sound performer : un Mac Book Pro, Live d'Abbleton et un Tenori-On de Yamaha



Samedi 27, c'était le trublion américain (et presque parfaitement francophone) Charlemagne Palestine qui y fit chanter des verres emplis d'un bon cognac, avant de se lancer - non sans avoir sifflé les verres en question - dans une performance pianistique minimale, percussive et au final tout à fait hypnotique.

Charlemagne Palestine se dirige vers son piano

Enfin, le dimanche, c'est la vocaliste de l’extrême Catherine Jauniaux et eRikm (aux platines) qui investissaient les lieux pour une performance bruitiste - et un peu répétitive quand même – mais qui produisait quelques moments de grâce (une sorte de remix orageux et craquant de l'intro d'«Also sprach Zarathustra», une irrésistible saynette finale basée sur un texte délicieusement absurde de Vassily Kandinsky).


Suite du festival