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dimanche 5 juillet 2009

Samedi 4 juillet - Enghien Jazz Festival


Le Journal du In




Le cadeau du festival : Maceo Parker, en concert gratuit, sur une scène "flottante" située à quelques encâblures de la rive du lac d'Enghien.

Pour un coup, c'est un grand coup !
Qui a attiré environ 17 000 personnes. Dès avant 22 h 00, le public déjà ravi se regroupait face à la scène, dans une ambiance bon enfant, non sans avoir préalalablement croqué dans une saucisse-frites achetée au village du festival (presque un peu sous-dimensionné en cette circonstance).




Organisation impeccable, aucun affolement, démarrage à l'heure dite... Toutes les conditions étaient réunies !


Il est juste dommage que je ne puisse insérer ici d'échantillons sonores live ! Mais je laisse les images donner un petit aperçu de l'événement, qui se concluait par un long et riche feu d'artifice.

Bon anniversaire à l'Enghien Jazz Festival, et longue vie !



































Crédits photographiques pour l'article :
Francis Barrier (couleur) et Christian Izorce (noir & blanc)
Tous droits de reproduction réservés



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Dimanche 5 juillet - Enghien Jazz Festival - Grande salle du casino - 2e partie


Le journal du In



Roy Hargrove & RH Factor - MC Solaar
Roy Hargrove serait-il une sorte de Prince du jazz ? (Le Prince de Minneapolis)

Une figure princière ? Un trublion plutôt, voire fou du roi, avancent nombre de ses admirateurs… Oui certes.

Mais regardez le bien… Il y a quand même une petite ressemblance physique entre notre trompettiste quadragénaire et l’apôtre funk de Minneapolis : la (petite) taille tout d’abord, et un certain goût pour l’originalité vestimentaire (sans doute pas autant poussée chez Hargrove, mais tout de même).

Il y a aussi une parenté musicale indéniable, et dans les deux cas la grosse mécanique made in the US qui les accompagne au concert est du type gros V12 au couple monstrueux, aux reprises étourdissantes, au son bien cuivré (l’échappement est confié à des pots de gros calibre !).


Sous ses allures de petit garçon presque bien mis (costume clair uni et baskets blanches) mais dissipé, un sens inouï du groove se tapit. La série de morceaux exécutés pour commencer le set le prouve à l'envi.
Rap et jazz serait-ils des frères ennemis ? Ce sont sans doute de vrais frères s’ignorant malgré leurs ressemblances. Le lascar MC Solaar apparaît pour quelques titres. Il recycle aisément quelques uns de ses premiers tubes, dont «Qui sème le vent, récolte le tempo». Une très bonne idée, qui fonctionne. Mais son passage sur scène n'est finalement que de courte durée, et notre laarSo l'asticot ne tente pas de ravir la vedette à son hôte.


Roy réapparaît en Ray. En Ray Charles cannois, costume à fines rayures, nœud pap (ou rap en l'espèce ?) et grosses lunettes noires. Ah, il n'est pas forcement trop souriant, l'ami Roy, mais au moins il aura payé de sa personne du point de vue de la sape ! Il mime un peu The Genius, sautille de droite et gauche, occupe le devant de la scène, recule, s’avance encore. Pour mieux se retirer tout à fait lorsque ses musiciens prennent des solo, ou que sa fine et belle chanteuse - toute droit sortie d’un documentaire d’époque sur la Motown - délaisse son Hammond pour pousser la note sur les titres un peu plus calmes.

Soyons clairs : le répertoire de Roy Hargrove n'est pas de toute première originalité. Les morceaux projetés appartiennent tous au corps constitué des hymnes de la constellation soul/funk/gospel/r’n’b. Mais c'est le phénomène, la qualité de la formation‚ le son, l'énergie dégagée, qui forcent le respect et font du concert un moment intensément festif.
Aaaah… C’est vers la fin du concert que Roy nous décoche un beau sourire, dis « Je vous aime » en regardant le public, tandis que le groupe enchaîne les deux derniers et furieux morceaux !
Il n'en faut pas plus à la salle entière pour se lever quasiment d’un bloc et danser.
C’est ça, ce que l’on appelle le « facteur RH ».


Épilogue
Et voila ! Nous sommes à la fin de ce voyage de 6 jours en territoire musical, riche en temps forts. Avec un immense plaisir, on se retrouve en effet, année après année, à quelques 30 mn de Paris (quand ça roule !) pour suivre ce festival de haut niveau.
Tout comme la programmation et l’organisation, le cadre est idéal, entre lac, casino, Jardin des roses et petit centre-ville animé de ville thermale.
On vient donc à l’EJF comme on part en vacances, mais sans valise à transporter.
Tentons une dernière audace en forme de petit oxymore :
En 2009, comme à l’habitude, le programme était tout simplement exceptionnel !
Et il le sera sans nul doute encore l’année prochaine… Vous verrez bien, car vous y serez aussi.
De très chaleureux remerciements à Blandine Harmelin, à Armelle Collomp, et à tous les membres de l'équipe que nous avons croisés !


Crédits photographiques pour l'article :
Francis Barrier (couleur) et Christian Izorce (noir & blanc)
Tous droits de reproduction réservés


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Dimanche 5 juillet - Enghien Jazz Festival - Grande salle du casino - 1re partie


Le Journal du In


Laïka

Il y a des rencontres qui marquent. Des entrées en scènes qui annoncent un moment fort. Des premières vocalises qui étourdissent l'auditeur…
Choisissant la figure de Billie Holliday comme fil conducteur de son set (et de son récent deuxième album, Misery), Laïka impose immédiatement sa présence grâce à une voix parfaitement posée, et qui possède la substance et l’épaisseur de celles des grandes chanteuses - qu’elle se plaît à célébrer. Elle fait aussi, avec «Throw It Away», la reprise d'une chanson immortalisée par une autre grande dame : Abbey Lincoln.

Tout, dans sa gestuelle, dans les expressions lisibles sur son visage, dans ses inflexions vocales, montre qu’elle est totalement impliquée dans son art, qu’elle s’approprie parfaitement et avec ferveur ces répertoires aux thèmes simples mais indémodables. L’émotion que montre Laika est palpable. Sa voix empreinte de gravité fait un beau contraste avec les tessitures plus légères - voire un peu acidulées - que l’on rencontre très souvent ces dernières années dans le jazz vocal féminin.

Les reprises s'enchaînent : «Lady's back in town», «I must have that man»,«You turned the tables on me», «Lover, come back to me», qu'elle rebaptise pour la circonstance «Mother, come back to me».
Avec ce titre, nous tenons une très belle version habitée, tendue, appuyée sur une ligne de contrebasse dramatique et un patient travail de tissage tout en demi-teintes du batteur.


Pour Laika, il ne s’agit donc pas d’imiter mais bien de donner à chaque morceau une nouvelle vraie interprétation.




On ne sait finalement si Laika a tout simplement le sens de la théâtralité (il est vrai qu’elle est comédiennne également) ou si le ton un peu grave de ses interventions entre morceaux est plutôt dû à… une certaine timidité ? Toujours est-il qu’il n’y a aucune approximation dans sa prestation, impeccable du début à la fin.



Mais ce trop court set se termine déjà. Roy Hargrove rejoint Laika pour le dernier morceau.
Oui, Laika est déjà une dame du jazz, et cela n’échappe pas aux artistes de réputation mondiale. Il est juste dommage qu’elle ne soit pas plus connue encore !

Si on peut faire quelque chose…


Crédits photographiques pour l'article :

Francis Barrier (couleur) et Christian Izorce (noir & blanc)
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Vendredi 3 juillet - Enghien Jazz Festival - Grande salle du casino - 2e partie


Le Journal du In



Avishaï Cohen + Aurora


Plébiscité par la critique, recruté par tous les ténors de la scène jazz, le contrebassiste Avishaï Cohen est entré avec son dernier disque dans une nouvelle phase de sa carrière. Il n’a (heureusement) pas raccroché son instrument, mais s’est en outre mis au chant.

Il chante son pays, il chante Israël.

Il est ici accompagné de sa nouvelle formation Aurora, au profil très ethnic band : une chanteuse, un pianiste, un joueur de percussions ethniques et un joueur d’oud.

Cela fait quelques temps maintenant que le jazz lorgne vers l’orient et se mâtine de folklore. On pense évidemment entre autres formations ou artistes à Hadouk Trio, Rabih Abou Khalil. On retrouve effectivement une certaine filiation entre musiques traditionnelles - de transmission orale, et qui font souvent la part belle à l'improvisation - et le jazz, dont on connait l’origine «populaire et rurale», mais qui a pu évoluer au cours des décennies vers une musique savante considérée (à tort !) comme élitiste.

Chez Cohen, la construction des compositions est propice aux longs développements mélodiques et harmoniques, avec un esprit plus ostensiblement festif que chez Manoukian. Mais on y décèle aussi une forme d'intensité, d'urgence presque. Les morceaux chantés le sont pour la plupart en hébreux et sont basés sur des airs traditionnels. Mais inspiration folklorique et attachement ethnique ne sont pas synonymes de répertoire convenu. Certains passages des morceaux qu’Aurora interprète ce soir ont une forte saveur de progressive jazz et feraient presque penser pour la sophistication des développements à des groupes tels que Gong ou Magma.


D’autres titres sont martelés avec un groove insensé, comme celui où même le public est invité à prendre ses solos d’applaudissements et de cris joyeux. Qu’il soit «devenu» chanteur est une chose, mais Avishaï le contrebassiste n’a rien perdu de sa virtuosité et de sa frénésie : il faut voir comment il gifle son instrument !Et entendre ce qu’il en tire comme motifs à la fois rythmiques et mélodiques !


Mais tout le personnel est à la hauteur, que ce soit le «luthiste» Amos Hoffmann, le pianiste Shai Maestro ou le jeune percussionniste Itamar Doari, qui vers la fin du concert se lance avec son attirail bien spécifique et finalement assez réduit dans un solo au chromatisme étonnant et spectaculaire. C’est évidemment un triomphe !
















Le dernier morceau est une très belle chanson espagnole «Alfonsina vestida de mar» interprétée en solo par Avishaï et dédiée, tiens, à Michael Jackson (!)pour «l'universalité» de son répertoire ...

Encore un (double) rappel : «Shalom Alechem», que toute la salle reprend en cœur. Il est juste minuit, et pour un peu on se souhaiterait tous une bonne année !



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Francis Barrier (couleur) et Christian Izorce (noir & blanc)
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samedi 4 juillet 2009

Vendredi 3 juillet - Enghien Jazz Festival - Grande salle du casino - 1re partie

Le Journal du In

André Manoukian Quartet + Malia

Après quatre jours de festival, procédons à une rapide récapitulation : le premier soir, c’est le continent africain qui était représenté avec E. Kontomanou et R. Bona, le deuxième soir accueillit un pianiste américain et non des moindres, C. Corea. La troisième soirée, Didier Lockwood et son jeune groupe représentait la France. Et en ce beau vendredi soir, c'est l'orient arménien et juif qui est à l'honneur avec A. Manoukian et A. Cohen.
Venir à Enghien début juillet, c’est donc aussi visiter une bonne partie de la planète jazz.
Et le voyage n’est pas terminé !

La grande salle du casino accueille ce soir le quartet d’André Manoukian et son invité, la chanteuse Malia.
La formation déroule bon nombre des titres – doux-amers pour la plupart – extraits du très beau disque Inkala récemment paru. Il s’agit d’un jazz de compositeur, qui fait la part belle à des développements mélodiques faciles d’accès et qui restent en tête. Compte tenu de la personnalité de Manoukian, on aurait d'ailleurs pu s’attendre – voire craindre - un côté variété un peu trop marqué. ll n'en est rien. Même s’il s’agit souvent d’une écriture typée "chanson" (c’est comme cela qu’André introduit bon nombre des morceaux) avec pour ainsi dire couplets et refrains aisément identifiables.

L’inspiration orientale ne fait aucun doute, elle est d’ailleurs parfaitement revendiquée par son auteur, qui fait appel ici aux services additionnels de Hervé Gourdikian au duduk (petit hautbois arménien que l’on rencontre de plus en plus souvent dans le jazz). Selon Manoukian, cet instrument figure le chant féminin dans la tradition arménienne… On peut faire confiance au musicologue.

Nous entrons dans le répertoire proposé par la belle «Fenêtre d’orient». Un spleen particulier baigne la plupart des morceaux. C’est l’esprit arménien, tiraillé entre élévation spirituelle et charme des beautés terrestres, qui est à l’œuvre comme sur «Danse gaie (mais un peu triste)». Il est sympa, cet André, lorsqu’il nous raconte qu’étant enfant, les visites impromptues du Pope au domicile familial pour Pâques s’accompagnait des crises de rire de son père pendant toute l’homélie chantée de l’homme d’église. Et voilà d’où vient le titre «Pope Song» !

Il passe trop vite ce set, car les musiques de Manoukian s’écoutent sans fin. Sans même parler de l’excellence de la section rythmique avec Christophe Wallemme à la contrebasse et le génial Laurent Robin à la batterie.






Celui-ci fera encore le bœuf un peu plus tard dans la nuit au Jazz-Club :
un régal !



Le dernier morceau sonne des adieux presque déchirants : "On ne va quand même pas se quitter sur un truc gai !" sourit André.


Mélancolie quand tu nous tiens !

Nota : Depuis la première mise en ligne de cet article, des lecteurs me contactent : "Est-ce bien le même André Manoukian qui... sur une chaîne de TV de grande audience… ?" Oui, c'est lui !







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Francis Barrier (couleur) et Christian Izorce (noir & blanc)
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vendredi 3 juillet 2009

Jeudi 2 juillet - Enghien Jazz Festival - Grande salle du casino

Le journal du In

Didier Lockwood et les Jazz Angels

Notre ami Jean-Michel Proust étant absent cette année il revient à Blandine Harmelin, directrice de l'EJF, d'assurer seule la présentation de tous les concerts. Seule, ou accompagnée de personnalités dont une partie de la vie au moins est consacrée au jazz.

C'était le cas hier soir avec Pierre Bouteiller, qui muni de son humour toujours décapant, est monté sur scène afin notamment de présenter le groupe de Didier Lockwood... et ce dernier s'est prêté de très bonne grâce et dans la plus grande simplicité à un petit échange avec l'homme de radio, expliquant au public d'Enghien pourquoi et comment le violon dans le jazz...

Occasion pour lui également de présenter son invitée Stefy Haik, jeune chanteuse "franco-américaine" dont il produira sur son label le disque à paraître en fin d'année et de nous dire quelques mots de son école de jazz.
Stefy Haik possède une belle voix suave avec une pointe d'acidité, et a une drôle de manière de faire des mines ! Et de tenir son micro bien droit devant elle, foi de photographe ! Mais son talent est incontestable : phrasé précis, trémolo expressif mais pas exagéré, accent américain parfait.

Sur les quelques standards égrennés par la chanteuse, on sent déjà que les Jazz Angels (ou Devils ?) assurent. Didier Lockwood nous les présentera d'ailleurs assez vite... Prenez les frères Enhco par exemple : ils sortent du CNSM de Paris et du Centre des Musiques Didier Lockwood. Ils ont une vingtaine d'années seulement et ils jouent, oh ils jouent... Leurs aînés n'ont qu'à bien se tenir !

Après avoir laissé la chanteuse pour quelques titres, Didier revient sur scène et distribue sourires à qui veut. Son regard est clair, il scrute la salle mais veille aussi sur ses jeunes recrues, davantage comme un grand frère que comme un père pourrait-on dire. Il règne visiblement (et audiblement) une très belle harmonie dans cette formation !

A l'exception du premier titre, Didier Lockwood nous prévient : il ne sait pas trop ce qu'il va jouer, place à l'improvisation. Mais c'est parti pour un premier long morceau. Puis "Un jour mon prince viendra" de la BO de... Blanche Neige ! Didier laisse tour à tour ses musiciens assurer un solo. Le pianiste Thomas Enhco est absolument redoutable de virtuosité et sautille fiévreusement sur son tabouret. Mais il s'avèrera tout autant capable de sensibilité lorsqu'il le faudra. Les Jazz Angels enchaînent sur un méconnaissable "All the things you are", puis c'est l'hommage à l'ami disparu " I remember Albi", composé à la mort du contrebassiste.

"Impression" de Coltrane part au violon solo comme une fusée. L'on y entendrait presque un violon classique à la Rimsky-Korsakov. Ah, encore un morceau qui démarre très fort !


Le trompettiste David Enhco (au bugle) prend le relais sans transition et n'a aucun mal à suivre le rythme effréné tenu par la rythmique.









Le batteur Nicolas Charlier aussi est démoniaque ! 

Son acolyte le contrebassiste Joachim Govin assure quant à lui avec régularité, légèreté et produit en toute circonstance un son bien rond. Comme on pourrait dire en coulisses : ça joue grave ! Allez, une mention d'honneur pour le pianiste, décidément trop bon ! Et qui se démène comme un beau diable. L'attention se focalise de nouveau sur le violoniste vers la fin du morceau, qui adopte des postures à la Jimmy Hendrix dans un brûlant solo final !

La salle applaudit debout, et c'est bien le moins que le public puisse faire !

Premier rappel : Didier Lockwood envoie son fameux titre "Globe trotter" au violon solo et séquenceur, où il joue avec et contre lui-même. Illustrant un documentaire de Tony Gatlif en cours de tournage sur le violon dans le monde, ce morceau nous emmène au maghreb, en Inde, nous donne à entendre des cris de mouettes au bord de la mer d'Irlande. L'occasion pour le violoniste de partir faire le tour de la salle, balcon compris, tout en jouant.

Pour être tout à fait franc, je ne suis pas un grand fana du violon dans le jazz, mais lorsqu'un concert de 2 heures sans interruption s'écoule aussi vite, c'est qu'il se passe vraiment quelque chose sur scène. Il semble de plus qu'à l'école Lockwood il faille impérativement pratiquer plusieurs langues. C'est ainsi qu'au beau milieu du second rappel où Stefy est revenue chanter "Route 66", le batteur devient bassiste, le bassiste prend la place du pianiste, le bugliste se saisit des baguettes et Didier se met lui-même à la trompette !

C'est bien ça , tous les soirs il se passe donc quelque chose de spécial à l'EJF !
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Francis Barrier (couleur) et Christian Izorce (noir & blanc)
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mercredi 1 juillet 2009

Mardi 30 juin - Enghien Jazz Festival - Grande salle du casino


Le journal du In


C’est parti !

L’EJF a démarré en fanfare, dès ce mardi soir, avec un concert du bassiste Richard Bona entouré de son sextet.

En première partie, Elisabeth Kontomanou accompagnée du pianiste Laurent Courthaliac, pour un set assez court de reprises de standards.

Peut-être est-ce le fait d’apparaître en premier dans la programmation ? Ou que le festival Off n’ait pas encore commencé ? (Il débutera demain) Toujours est-il que l’ambiance restait un peu contenue entre la chanteuse et son public lors de ce premier set. Du point de vue de la performance vocale et du choix des morceaux, rien à redire… mais un soupçon de présence et de chaleur supplémentaires n’aurait pas été déplacées, en dépit des presque 35 °C qui régnaient ce soir-là sur les eaux (encore) calmes du Lac d’Enghien.

Après l'entracte, peu avant 22 h 00, Richard Bona et son sextet faisaient leur entrée en scène et étaient immédiatement ovationnés par le public. Cinq musiciens de grand talent entouraient le bass guitar hero camerounais. Immédiatement, le groovy sound de la formation remplissait la salle, pour une alternance de ballades, de morceaux ethno-funky, voire de salsas revisitées.

Sens de l’humour et décontraction étaient de mise : pour cette dernière date de tournée, Bona tournait gentiment Enghien et ses habitants en dérision et se livrait rapidement à une présentation des musiciens incisive et drôle.

Beaucoup de feeling lors de ce concert, notamment sur les ballades a cappella (ou presque) entonnées par notre bassiste. Sa voix chaude et douce, capable d’ascensions rapides dans les aigües, magnétisait la salle.

Par ailleurs totalement à l’aise avec son instrument, il ne cherchait pas à éblouir par un enchaînement de morceaux techniques ou démonstratifs. Tout au plus eûmes-nous droit à quelques courts solos, totalement bluffants il est vrai, mais toujours exécutés avec un maximum d’humour et de décontraction.


Tous les musiciens étaient évidemment au top, avec des mentions spéciales pour son guitariste Jérémy Grancamp et son percussioniste François Constantin, dont les vitesses de jeu semblent illimitées !


Ce concert était une très bonne entrée en matière, festive, facile d'accès mais néanmoins de très haut niveau !

EJF 2009, encore un grand cru ?







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mardi 9 juin 2009

Enghien Jazz Festival 2009


Le Festival Jazz d’Enghien-les-Bains ouvrira ses portes mardi 30 juin et les refermera dimanche 5 juillet. Edition à ne pas rater, car cet événement fêtera en 2009 ses dix annnées d’existence !

Grâce à une intelligente et riche programmation, cette manifestation a permis de révéler, au fil des années, de nombreux espoirs du jazz vocal féminin (en première partie des soirées au Casino). Nous avons ainsi pu découvrir, entre autres chanteuses, des personnalités talentueuses et désormais reconnues telles que Petra Magoni, Lisa Spada, China Moses, Lisa Doby, Susanne Abbuehl, et l'an dernier, la jeune et exceptionnelle Annabelle Askinn.



Petra Magoni





















Lisa Spada










China Moses















Lisa Doby


























Susanne Abbuehl











Annabelle Askinn




Mais les plus grands noms du jazz et du blues fréquentent également la ville d’eau (en seconde partie des concerts) pour le plus grand bonheur d’un public dont la fidélité est désormais assurée...

















Ahmad Jamal en 2004


Lucky Peterson
face au public en 2005




Toujours un futur d'avance : 
Herbie Hancock en 2006







Biréli Lagrène au sommet de son art (2007)


Cette année, les organisateurs ont encore frappé un grand coup puisqu’ils sont parvenus à mobiliser de prestigieuses têtes d'affiche. Pour débuter le festival, Elisabeth Kontomanou sera l'invitée du sextet du bassiste prodige Richard Bona. Leur succédera Chick Corea en solo pour une soirée exceptionnelle (mercredi 1er juillet). Nous retrouverons Didier Lockwood et ses Jazz Angels le 2. Le contrebassiste et chanteur Avishai Cohen et sa nouvelle formation Aurora se produiront le 3 juillet, puis viendra le tour de l'immense Maceo Parker. Et l'EJF s'achèvera le dimanche 5 avec un surprenant duo : Roy Hargrove et MC Solaar.

Les concerts du soir débutent à 20 h 30. Il est donc conseillé de réserver, sauf pour le concert gratuit de Macéo Parker le samedi 4 juillet (exceptionnellement à 22 h 00, feu d'artifice oblige) qui se déroulera sur une scène flottante ! Son groove irrépressible déclenchera-t-il vagues et rouleaux sur l'habituellement placide lac d'Enghien ? Gare !

La très belle salle du casino d’Enghien affiche un gabarit de 700 places, ce qui en fait un lieu à taille humaine. Précisons qu’elle jouit d’un excellent confort et d’une acoustique très agréable, moelleuse sans être étouffée. En règle générale, la sonorisation de ces concerts est de grande qualité, avec un niveau sonore réaliste mais pas exubérant. Il s’agit donc de conditions assez exceptionnelles, qui permettent également au visiteur de profiter d’une fin de soirée au bord de l’eau … ou de se restaurer au Jazz-Club situé non loin (uniquement sur réservation), pour un dernier set de proximité donné dans une très belle ambiance lounge.

La scène du Jardin des Roses, idéalement située au bord du lac face au Casino, accueillera trois concerts par jour

Comme à l’habitude, Enghien vibrera donc pendant cinq jours au rythme ternaire grâce à l’abondance de manifestations quotidiennes. Le Festival Off s’y déploie en effet sur la scène du Jardin des Roses (trois concerts par jour) et sur la scène Schumann dans le centre-ville (un concert par jour) et proposera en alternance de jeunes groupes de jazz. Ces concerts sont gratuits. Une fanfare parcourra également la ville à pied et en autobus à impériale ! Elle se laissera sans doute aller à quelques sets improvisés.

Pour tous renseignements : .:: Enghien Jazz Festival ::.

Vous retrouverez également, disséminées dans la ville (dans la cour de l'Hôtel de Ville, au Kiosque du Jardin des Roses) , quelques images prises lors des dernières éditions de l'EJF par Patrick Audoux, Francis Barrier, Bertrand Mallet et votre serviteur...




Crédits photographiques pour l'article :
Francis Barrier (couleur) et Christian Izorce (noir & blanc)
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