Une interview de Roy George, directeur technique de Naim Audio
En avant-première de la présentation officielle de la nouvelle enceinte Naim Audio en France, Signal sur bruit a pu réaliser une interview-flash de Roy George, directeur technique et concepteur des Ovator S600. En marge de l’article, quelques indications complémentaires sont données afin de clarifier certains points…
Signal sur bruit : Naim Audio commercialise avec l’enceinte Ovator S-600 un produit d’une conception «différente». Comment expliquez-vous qu’aucun autre fabricant d’enceintes n’ait (ou peut être très marginalement), utilisé le principe du «BMR» (ou «radiateur à mode harmonisé» pour reprendre la traduction française proposée par l’importateur français) ?
Roy George : «Je suis à peu près certain que Naim est la première compagnie à lancer une enceinte haut de gamme utilisant des transducteurs BMR. Bien sûr, je ne connais pas les raisons pour lesquelles aucun autre constructeur n’a adopté cette technologie, mais notre expérience me permet de dire qu’il est très difficile de passer du principe de fonctionnement théorique du BMR à un modèle de haut-parleur industrialisable. Beaucoup de paramètres sont à prendre en compte pour assurer la consistance des performances de tels transducteurs, et plusieurs centaines d’échantillons de radiateurs ont dû être fabriqués à la main pour mettre en évidence tous ces facteurs.
Le développement de notre unité BMR a pris trois ans. Le principe BMR présente plusieurs avantages par rapport aux haut-parleurs conventionnels : très large bande passante, distorsion réduite, dispersion exceptionnellement large, diffusion s’apparentant à une source ponctuelle, et absence de distorsion de phase et de recouvrement temporel dues au filtrage dans la partie la plus sensible du spectre pour l’oreille humaine (entre 2 et 4 kHz). Tous ces bénéfices nous ont conduit à vouloir relever le défi».
SSB - Puisque le transducteur BMR est enchâssé dans un cylindre en aluminium, comment pouvez vous éviter qu’une signature sonore métallique soit émise par ce dispositif ?
RG : «Il y a deux problématiques, résonance mécanique et résonance acoustique. Les parois du tube font 13 mm d’épaisseur, ce qui le rend très inerte, et nous appliquons un peu d’amortissement mécanique dans le but d’éliminer la résonnance mécanique résiduelle. Les résonances acoustiques sont elles éliminées grâce aux matériaux absorbants (mousse synthétique et feutre), qui présentent un gradient de densité : les matériaux les plus denses sont installés dans le fond du tube et les moins denses à proximité du radiateur. Ces attentions particulières, ainsi que le système de suspension du tube vis-à-vis de l’enceinte elle-même créent le meilleur environnement possible pour révéler les capacités du BMR».
SSB - Le terme BMR (Radiateur à Mode Harmonisé) signifie-t-il que de la plus basse à la plus haute fréquence reproduite, le diaphragme est pratiquement plat, au moins jusqu’à ce que le deuxième mode de résonance apparaisse, à environ 8 kHz ?
RG : «Oui, le diaphragme en mouvement est assimilable à un piston jusqu’à 2 kHz (et non 8 kHz) et on observe ensuite un fonctionnement modal (c'est-à-dire avec «fractionnement» de la membrane, ndlr). Le succès du BMR au-delà de 2 kHz vient de ce que nous parvenons à rendre cohérent le rayonnement global de toutes les parties du diaphragme, ce qui produit une réponse constante ne variant pas avec la fréquence».
SSB - Quelles sont les contraintes imposées par l’enceinte vis à vis de l’amplificateur associé ? La courbe d’impédance est-elle aussi régulière que ce que vous suggérez dans la documentation ?
RG : «L’impédance est principalement comprise entre 4 et 8 Ohms, avec un minimum à 3 Ohms et un maximum à 11 Ohms. Le déphasage électrique reste compris entre +30 et -30 °».
Signal sur bruit : Naim Audio commercialise avec l’enceinte Ovator S-600 un produit d’une conception «différente». Comment expliquez-vous qu’aucun autre fabricant d’enceintes n’ait (ou peut être très marginalement), utilisé le principe du «BMR» (ou «radiateur à mode harmonisé» pour reprendre la traduction française proposée par l’importateur français) ?
Roy George : «Je suis à peu près certain que Naim est la première compagnie à lancer une enceinte haut de gamme utilisant des transducteurs BMR. Bien sûr, je ne connais pas les raisons pour lesquelles aucun autre constructeur n’a adopté cette technologie, mais notre expérience me permet de dire qu’il est très difficile de passer du principe de fonctionnement théorique du BMR à un modèle de haut-parleur industrialisable. Beaucoup de paramètres sont à prendre en compte pour assurer la consistance des performances de tels transducteurs, et plusieurs centaines d’échantillons de radiateurs ont dû être fabriqués à la main pour mettre en évidence tous ces facteurs.
Le développement de notre unité BMR a pris trois ans. Le principe BMR présente plusieurs avantages par rapport aux haut-parleurs conventionnels : très large bande passante, distorsion réduite, dispersion exceptionnellement large, diffusion s’apparentant à une source ponctuelle, et absence de distorsion de phase et de recouvrement temporel dues au filtrage dans la partie la plus sensible du spectre pour l’oreille humaine (entre 2 et 4 kHz). Tous ces bénéfices nous ont conduit à vouloir relever le défi».
SSB - Puisque le transducteur BMR est enchâssé dans un cylindre en aluminium, comment pouvez vous éviter qu’une signature sonore métallique soit émise par ce dispositif ?
RG : «Il y a deux problématiques, résonance mécanique et résonance acoustique. Les parois du tube font 13 mm d’épaisseur, ce qui le rend très inerte, et nous appliquons un peu d’amortissement mécanique dans le but d’éliminer la résonnance mécanique résiduelle. Les résonances acoustiques sont elles éliminées grâce aux matériaux absorbants (mousse synthétique et feutre), qui présentent un gradient de densité : les matériaux les plus denses sont installés dans le fond du tube et les moins denses à proximité du radiateur. Ces attentions particulières, ainsi que le système de suspension du tube vis-à-vis de l’enceinte elle-même créent le meilleur environnement possible pour révéler les capacités du BMR».
SSB - Le terme BMR (Radiateur à Mode Harmonisé) signifie-t-il que de la plus basse à la plus haute fréquence reproduite, le diaphragme est pratiquement plat, au moins jusqu’à ce que le deuxième mode de résonance apparaisse, à environ 8 kHz ?
RG : «Oui, le diaphragme en mouvement est assimilable à un piston jusqu’à 2 kHz (et non 8 kHz) et on observe ensuite un fonctionnement modal (c'est-à-dire avec «fractionnement» de la membrane, ndlr). Le succès du BMR au-delà de 2 kHz vient de ce que nous parvenons à rendre cohérent le rayonnement global de toutes les parties du diaphragme, ce qui produit une réponse constante ne variant pas avec la fréquence».
SSB - Quelles sont les contraintes imposées par l’enceinte vis à vis de l’amplificateur associé ? La courbe d’impédance est-elle aussi régulière que ce que vous suggérez dans la documentation ?
RG : «L’impédance est principalement comprise entre 4 et 8 Ohms, avec un minimum à 3 Ohms et un maximum à 11 Ohms. Le déphasage électrique reste compris entre +30 et -30 °».
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Mais la grande innovation technologique portée par cet étendard reste son transducteur médium-aigu baptisé «radiateur à mode harmonisé» («balanced mode radiator»). Ce transducteur très spécifique s’approche de l’idéal théorique du fonctionnement en mode piston sur une très large bande de fréquence - ce qui permet au passage de situer la fréquence de transition du filtre hors de la région des 2,5 – 3 kHz tellement sensible à l’oreille. Dans le principe, rien ne ressemble davantage à ce radiateur qu’un… simple haut-parleur dont la membrane (ici de 85 mm de diamètre) serait plate et maintenue en place par une suspension à bord roulé inversé. Le contrôle des modes de résonance propres de cette membrane permet d’en limiter le fractionnement comme c’est le cas sur les haut-parleurs de conception traditionnelle. Du coup, ce (nouveau) type de transducteur s’avère beaucoup moins directif qu’un haut-parleur médium aigu conventionnel. Le relief stéréophonique délivré par les Ovator devrait n’en être que plus ample et plus stable par rapport à ce que l’on observe sur une enceinte classique à deux ou trois voies. Seul revers de la médaille, le rayonnement très omnidirectionnel de ce radiateur détermine une plus grande interaction avec la pièce d’écoute, qui devra présenter des caractéristiques d’amortissement les plus «continues» possible en fonction de la fréquence. Sur l’Ovator S-600, ce transducteur est logé dans un long cylindre en aluminium de plus de 12 mm d’épaisseur, lui-même fixé aux baffles avant et arrière de l’enceinte grâce à un système de suspension assurant le découplage de l’ensemble aux fréquences supérieures à 4 Hz.