jeudi 10 septembre 2009

Nouveautés chez Leica

Chronique d'une naissance annoncée


Depuis hier après-midi nous savons tous officiellement ce dont nous étions tous officieusement au courant quelques jours, voire semaines plus tôt : Le Leica M9, successeur des boîtiers M8 et M8.2, est né, armé de caractéristiques séduisantes, qui, comme à l'habitude, raviront les leicaïstes, et feront sourire - voire se gausser - ceux qui travaillent depuis longtemps déjà en reflex numérique...

Résumons un peu la situation. Dans l'univers de l'image numérique, en pertuelle (r)évolution, les M8 et M8.2, premiers appareils télémétriques numériques fabriqués par Leica, souffraient de quelques irritantes faiblesses : capteurs 2/3 de résolution 10 Mpixel aujourd'hui dépassée, sensibilité du capteur à l'infra-rouge nécessitant l'utilisation de filtres d'objectifs, plage de sensibilités ISO limitée. Le M9 corrige tout cela, et sans prendre le moindre embonpoint, ce qui est déjà considéré comme un petit exploit par les éxégètes de la marque teutonne.

Son nouveau capteur CCD de 18 Mpixel est en effet au format "plein cadre" de 24 x 36 mm. Il permettra d'utiliser toutes les optiques M sans facteur d'élongation de focale, et de jouer de la profondeur de champ de la manière la plus naturelle qui soit. Il est de plus nativement corrigé contre l'infrarouge, exit donc les filtres additionnels !

La sensibilité utile du boîtier s'étend désormais de 80 à 2500 ISO, avec, selon les privilégiés ayant déjà pu poser le doigt sur le déclencheur, des hautes sensibilités très peu bruitées.

Les professionnels et amateurs qui ont eu l'occasion d'utiliser M8 et M8.2 ne seront pas désarçonnés par l'ergonomie du nouveau M9, en tout point similaire. Cela est vrai du barillet des vitesses d'obturation, du déclencheur, mais aussi de toutes les fonctions qui se pilotent depuis le bouton à quatre touches et la molette déjà présents sur les dos des versions 8.
L'écran de contrôle garde également la même taille avec une diagonale de 2,5 pouces. Dans l'optique "less is more", on assiste même à la disparition de la petite fenêtre de comptage de vues positionnée sur la face supérieure des boîtiers M8 ! Cette information est reprise sur l'écran, point.

La reconnaissance des optiques M codées (et non codées) est assurée ainsi que la correction de certaines de leurs distorsions caractéristiques(vignettage).

Mais il n'y a toujours qu'un seul mode de mesure de la lumière, par réflexion sur les rideaux de l'obturateur. Le bruit au déclenchement reste très discret, et l'armement de l'obturateur peut se faire au relâché du déclencheur pour davantage de discrétion.

Dernière (presque bonne) nouvelle, le prix : 5 500 €. C'est certes beaucoup pour un appareil qui, tout excellement construit qu'il soit (laiton et magnésium sont au rendez-vous), reste, sur le strict plan des fonctionnalités, sensiblement en retrait par rapport à de beaux reflex numériques japonais dont le prix est même inférieur. Mais c'est moins élevé que ce que nombre de prévisionnistes avertis avaient imaginé.

Et c'est, comme à l'habitude chez Leica, le prix à payer pour pouvoir utiliser une gamme d'objectifs qui brillent par leur qualité et leur compacité.

Toutes proportions gardées, il en va du matériel photo comme du matériel audio ou de l'horlogerie. Entre les produits d'exception presque 100 % faits main et le tout venant de grande série, les différentiels de prix sont énormes. "Supercherie !", crient les uns. "Evidente supériorité des premiers sur les seconds !", rétorquent les autres.

Prenons en main, soupesons, écoutons, regardons, estimons la robustesse, renseignons-nous sur la fiabilité. C'est (seulement) à ce prix que nous saurons si de tels écarts sont justifiés. Et c'est ce que Signal sur bruit se propose de faire, sur une sélection de produits audio et photo (et pourquoi pas, un jour, sur les montres ou les automobiles !)



Oui, le M9 est aussi disponible en noir !


Un bonheur n'arrivant jamais seul...




On apprenait aussi la naissance du Leica X1, compact numérique mono-objectif embarquant un capteur CMOS APS-C 24 x 16 mm de 12,2 Mpixels.

Ce boîtier, qui est donc doté d'un inamovible objectif autofocus d'ouverture f:2,8 équivalent à la focale très universelle de 36 mm en format 135, reste fidèle à la philosophie du "tout débrayable" de la marque. Notons qu'il affiche par ailleurs une sensibilité record de 3200 ISO.

Il bénéficie d'un design très épuré directement dérivé d'un boîtier M de hauteur réduite. Ceci est notamment dû à l'absence de viseur optique intégré.



Il sera proposé, d'ici à la fin de l'année, au prix public de 1 550 €.













lundi 7 septembre 2009

Enceinte Naim Audio Ovator S-600


Un nouveau produit phare chez Naim Audio


Résultat d’une étude de plus trois ans ayant mobilisé les ingénieurs de Naim Audio ainsi que des consultants extérieurs, l’enceinte Naim Audio Ovator S-600 atteindra le continent lors du prochain Salon Haute Fidélité & Accessoires qui se déroulera les 17 & 18 octobre à l’hôtel Marriott Rive Gauche de Paris. Ce produit rassemble, selon le constructeur, une somme technologique sans précédent qui promet «une expérience musicale telle que nous n’en avons jamais connue !».
Au-delà de cet effet d’annonce peut être un petit peu excessif mais de bonne guerre (attendons d’écouter pour nous prononcer !), notons que l’Ovator fait la part belle au principe de découplage mécanique des transducteurs par rapport au baffle, qui est l’un des chevaux de bataille de Naim en matière d’ingénierie acoustique. Bien que spécialiste de l’électronique, Naim Audio conçoit et fabrique depuis le début 90 des modèles d’enceintes qui, si elles n’ont jamais détrôné de leur piédestal les productions des grands ténors de l’acoustique, n’en renferment pas moins des solutions inusitées mais très saines du point de vue mécanique.
C’est ainsi que l’enceinte haut de gamme SBL (pour Separate Box Loudspeaker) enfermait chacun de ses trois transducteurs (grave, médium, aigu) dans des volumes de charge indépendants les uns des autres et reliés par une armature métallique compliante. Dans le bas de la gamme, les modèles Intro et Credo déclinaient ce même principe dans une conception simplifiée à deux voies où le coffret accueillant le boomer était découplé du reste de la colonne par trois minuscules plots – dont la hauteur définissait par ailleurs un port bass-reflex réparti sur tout le pourtour de l’enceinte. Ces colonnes, tout comme l’Allae qui leur fût postérieure, utilisaient en outre un principe de ressort à lame dans lequel étaient enchâssées les deux pointes de découplage arrière.

L’ébénisterie de l’Ovator S-600 repose en trois points sur un châssis en aluminium moulé sous pression qui accueille le filtre passif et le bornier. Ce châssis renferme également en sa partie postérieure un ressort de découplage à lame (troisième point d’appui du coffret en son milieu) et des pointes de découplage en acier durci dont le réglage est accessible par le dessus. Ce système garantit selon Naim Audio un découplage mécanique efficace au dessus de 12 Hz.


Le système de transducteurs est assez inhabituel pour un modèle haut-de-gamme, puisqu’il combine la mise en parallèle de deux boomers de 20 cm chargés individuellement par des volumes clos de 30 litres, et un transducteur (très) large-bande spécifique couvrant la bande 380 Hz – 35 kHz. C'est-à-dire, en tout et pour tout, deux voies seulement !

Dès lors que le volume de charge est assez important, la charge close présente par rapport au bass-reflex l’avantage d’une coupure basse plus progressive et une réponse impulsionnelle plus propre. Mais une attention particulière a été apportée à la conception même du haut-parleur de grave. Si sa membrane en papier et sa suspension à bord roulé positif en caoutchouc restent de facture traditionnelle, ce haut-parleur bénéficie d’un saladier rigide très ajouré d’une géométrie optimisée (modélisation par éléments finis), d’un flux magnétique ultra-puissant généré par un aimant Néodynium et par une pièce polaire ventilée, et d’une linéarisation de l’impédance de la bobine mobile en fonction de son déplacement grâce à l’insertion d’anneaux en aluminium dits «de démodulation» dans le prolongement de l’entrefer.

Mais la grande innovation technologique portée par cet étendard reste son transducteur médium-aigu baptisé «radiateur à mode harmonisé» («balanced mode radiator»). Ce transducteur très spécifique s’approche de l’idéal théorique du fonctionnement en mode piston sur une très large bande de fréquence - ce qui permet au passage de situer la fréquence de transition du filtre hors de la région des 2,5 – 3 kHz tellement sensible à l’oreille. Dans le principe, rien ne ressemble davantage à ce radiateur qu’un… simple haut-parleur dont la membrane (ici de 85 mm de diamètre) serait plate et maintenue en place par une suspension à bord roulé inversé. Le contrôle des modes de résonance propres de cette membrane permet d’en limiter le fractionnement comme c’est le cas sur les haut-parleurs de conception traditionnelle. Du coup, ce (nouveau) type de transducteur s’avère beaucoup moins directif qu’un haut-parleur médium aigu conventionnel. Le relief stéréophonique délivré par les Ovator devrait n’en être que plus ample et plus stable par rapport à ce que l’on observe sur une enceinte classique à deux ou trois voies. Seul revers de la médaille, le rayonnement très omnidirectionnel de ce radiateur détermine une plus grande interaction avec la pièce d’écoute, qui devra présenter des caractéristiques d’amortissement les plus «continues» possible en fonction de la fréquence. Sur l’Ovator S-600, ce transducteur est logé dans un long cylindre en aluminium de plus de 12 mm d’épaisseur, lui-même fixé aux baffles avant et arrière de l’enceinte grâce à un système de suspension assurant le découplage de l’ensemble aux fréquences supérieures à 4 Hz.


Petite concession aux sirènes du design acoustique, l’Ovator S-600 présente des flancs joliment galbés, une face supérieure tronquée et des arrêtes frontales arrondies afin de minimiser les effets de diffraction. Le baffle frontal en MDF présente une belle épaisseur de 50 mm, tandis que les côtés et face arrière de ces colonnes font 25 mm.

Sur le papier au moins, les principes de conception et les caractéristiques annoncées des enceintes Naim Audio Ovator S-600 sont exemplaires, et suffisamment originaux en tout cas pour que l’on s’y arrête. Leur prix, accessible pour le passionné, de l'ordre de 7 800 € la paire, semble également assez attractif. Nous sommes donc impatients d’écouter ces nouveaux modèles et d’observer si, enfin, le constructeur anglais se fait sa place au soleil en matière d’enceintes acoustiques.


Caractéristiques constructeur :

Système à deux voies, trois haut parleurs
Réponse en fréquence (milieu semi-réverbérant) :

28 Hz – 35 kHz
Fréquence de coupure : 380 Hz – filtrage du quatrième ordre à déphasage minimal
Rotation de phase : comprise entre + et – 30 ° sur toute la bande reproduite
Sensibilité : 88 dB à 1m pour 1 W
Impédance nominale : 4 Ohms – minimale 3,2 Ohms
Puissance nominale recommandée : 25 W – 150 W
Poids : 61 kg

Dimensions : 1168 x 401 x 434 mm



Lire l'interview-flash de Roy George, directeur technique de Naim Audio


Retour page Enceintes