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lundi 19 octobre 2009

Salon Haute Fidélité - 17 et 18 octobre 2009





L'audio de grand luxe exposée à l'Hôtel Mariott Paris Rive Gauche


Heureuse période pour les amateurs de beau matériel audio ! Le weekend dernier, le salon du magazine Haute Fidélité rassemblait des systèmes de haut et très haut de gamme, globalement très bien installés, et démontrés en respect d'une saine alternance entre stands. Ce qui n'empêchait quand même pas certains exposants de pousser un peu le volume sonore !

De l’avis des visiteurs, revendeurs et importateurs, un très bel événement qui remet un peu de baume au cœur des amateurs et des professionnels, en dépit d’une époque difficile… De mémoire de visiteur assidu de ce type de manifestation, il faut reconnaître que les distributeurs s’étaient cette fois-ci dépassés, en proposant globalement des écoutes de très grande qualité, dans des budgets dont beaucoup restent malheureusement hors de portée du commun des mortels. Mais partout, beaucoup, beaucoup de beau matériel et de très belles écoutes, dont Signal sur bruit va vous livrer sa sélection, en toute subjectivité…

Avant cela, il est intéressant de prendre un peu de recul pour cerner quelques tendances.

Grand absent du salon, le son multi canal, même si quelques lecteurs CD daignent aussi lire les SACD. Le recentrage sur la stéréophonie est désormais une chose acquise dans les temples de l’audio haut de gamme. Dans ce contexte, notons l’abondance de stands équipés de platines vinyle (coûteuses, pour la plupart), dont beaucoup étaient encore inconnues du marché français il y a seulement quelques mois ! Ce retour de l’analogique a enfin touché la France, alors que le phénomène a pris de l’ampleur depuis une bonne dizaine d’année dans beaucoup d’autres pays, Japon, Allemagne, Royaume Uni et États-Unis en tête.

En revanche, on rencontrait curieusement assez peu d’amplificateurs à lampes, alors que ceux-ci jouissent toujours d'une très bonne réputation dans les milieux autorisés, et qu'on n'a jamais tant fabriqué de tubes qu'aujourd'hui. L'amplification numérique à modulation de largeur d'impulsion (le principe PWM), n'est pas non plus très représentée dans le haut de gamme. Par contre, les grosses unités à transistors, fonctionnant le cas échéant en Classe A, font florès.

Côté enceintes, pas de panneaux, et très peu de systèmes à haut rendement. Peut être parce que les avantages respectifs de ces deux technologies (transparence pour le panneau, dynamique pour le haut-rendement, pour faire simple) sont des qualités qui se retrouvent de plus en plus dans les haut-parleurs actuels. En effet, de nouvelles races de HP sont apparus pendant la dernière décennie. Ils sont désormais équipés de membranes en céramique, au diamant ou en composites synthétiques à haute rigidité, et bénéficient d’une optimisation poussée de leurs éléments constitutifs (aimant puissants, pièces polaires optimisées, aérodynamisme des saladiers). Seul "avatar" du panneau, de plus en plus présent dans les enceintes : le tweeter à ruban, qui présente au moins l'avantage sur le panneau de constituer physiquement une source quasi-ponctuelle. Quant au vrai haut rendement, il sera toujours desservi par l'irréductible encombrement justifié par l'utilisation de pavillons, alors que l'amateur est à la recherche de solutions esthétiques et intégrables. D'où le succès des ébénisteries incurvées, sans angles vifs, "à la Nautilus".

Du coup, le principe du HP électrodynamique reprend une fois de plus du poil de la bête, alors que l’on ne cesse de s’appesantir ici et là sur son âge canonique. Finalement, malgré toutes ses limitations, la bonne "vieille" membrane suspendue et mise en mouvement par une bobine conductrice a encore du potentiel. Ah, mais c'est curieux ça... la cellule phonolectrice de nos chères platines tourne-disques fonctionne exactement suivant le même principe !




Commencer la visite



Salon Haute Fidélité - 1







Marten - Vitus Audio – Jorma Design

Une démonstration spectaculaire qui ne craignait pas de faire alterner tous les genres et ambiances : sonate pour piano, jazz club enfumé, pop-rock live, avec une égale ampleur et un implacable sens du réalisme.

Reproduire les instruments en vraie grandeur voilà bien une tâche à la hauteur de cet ensemble d’origine essentiellement danoise, très ambitieux, terminé par les superbes enceintes Marten Coltrane (51 000 €).

Côté sources, l’analogique était représenté par une platine TD Raven AC (version un moteur, 10500 €) munie d’un bras Helius 10 pouces Silver-Ruby (2700 €) et d’une cellule EMT (3000 €).




Le numérique, par un lecteur CD Vitus Audio SCD-010 (11000 €) et un serveur de fichiers de marque AudioNec modulable (environ 10 000€ la configuration présentée).

Venaient ensuite le préampli ligne Vitus Audio SL-010 (23000 €) et son complément phono SP-101.



Enfin, posés au sol sur des plaques de découplage Pagode, les gigantesques blocs de puissance monophoniques SM-101 (100 W en classe A ou AB, 42000 € la paire). Un câblage Jorma Design complétait le tout.

Un système au médium aigu redoutable, d'une transparence propre à révéler toutes les richesses (et les faiblesses !) des enregistrements qu’on lui fournit. 



Hegel - Brinkman - Isophon

Toujours étonnantes - pour ne pas dire bluffantes - les électroniques Hegel, ici installées sur une sorte de trolley d'avion (!) de marque américaine HRS, apparemment très efficace mais coûteux (plus de 5000 € sans les plateaux), d’ailleurs présent sur de nombreux stands.


La combinaison du lecteur CDP4A (3350 €), du nouveau convertisseur HD10 (1200 €), du préampli P4A (3300 €) et de l’ampli de puissance 2x200 W H20 (4500 €), délivre un équilibre admirable de précision‚ de rapidité et de corpulence, sur de non moins compétentes enceintes Isophon Vescova (8000 € en version céramique).

Ces dernières ont semble-t-il tous les attributs sonores du très haut de haut de gamme, mais pas le prix. 

Un système nordique d’une exceptionnelle clarté, qui apportera tonicité mais aussi chaleur et délicatesse dans nos domiciles à l'approche d’un hiver qui s’annonce déjà frisquet. 

Un ensemble d’un budget conséquent mais encore abordable au passionné, capable d'une restitution stupéfiante sur tous types de musiques, de la BOF de Barry Lindon (qui est tout sauf un enregistrement audiophile) au fameux «Tin Pan Alley» du regretté Steve Ray Vaughan, un des standards des salons hi-fi depuis sa sortie, encore très joué aujourd’hui…

Sur le même stand, démonstration d’un système analogique, avec en source la platine Brinkman Oasis à entraînement direct (9000 €), équipée d’un bras Tonearm 10.5 (4600 €) et d’une cellule EMT modifiée (3000 €).



Le reste du système était composé du préampli phono Fein (2450 €), du préampli ligne Marconi (8850 €) et de deux blocs Mono (c’est leur nom, 11650 € la paire).

La pure transparence des mêmes Isophon Vescova (ici en finition laquée noire) était associée à la douceur de l'analogique et à une électronique soyeuse. Un véritable régal : velouté des cordes, brillance des cuivres, dynamique et timbres très naturels étaient au rendez-vous, le tout avec un bruit de surface parfaitement contenu. 




Naim Audio – AudioVector

L’Audiodistribution occupait une place importante dans ce salon, avec un stand statique présentant entre autres choses des produits Furutech, les cellules Transfiguration, les délicieux PodSpeakers, les somptueuses enceintes italiennes Eventus Audio, et bien sûr les disques Naim. 
Juste en face, un salon d’écoute avec deux systèmes en alternance.

En grosse configuration, une batterie complète d’électroniques Naim Audio – lecteur CDX 2 (4780 €), préampli NAC 552 (7170 €), ampli de puissance NAP 300 (8780 € avec son alimentation séparée 300 PS) - attaquait (en toute musicalité !) les nouvelles Ovator S 600 (7800 €), présentées pour la première fois en France.

Une restitution très homogène et fluide, mettant en avant la musicalité du message plutôt que les micro-informations. Présentation sonore presque contenue, sans la franche vigueur que l’on a pu associer à la marque britannique dans les années 80 et 90.

Mais, renseignement pris, le modèle exposé n’était que peu rôdé… Une présentation qui devrait donc encore s’ouvrir, ce que les revendeurs Naim seront à même de démontrer prochainement dans des conditions plus sereines qu’au cours d’un week-end un peu mouvementé…



La comparaison d’écoute du lecteur CDX2 utilisé seul, puis avec le récent DAC (2550 €) s’avérait très révélatrice : adossé à ce lecteur, ce nouveau (et premier) convertisseur séparé Naim apporte un surcroît non négligeable de fluidité et d’aération à une restitution déjà très musicale.

En pivotant à 180°, nous découvrions un ensemble compact et de prix abordable, spécialement packagé par l’importateur : le Naim Unity (CD, lecteur de fichier avec disque dur et amplificateur dans un seul boîtier, 2600 €, dont on voit ici l'intérieur) accompagné des enceintes danoises (et évolutives) AudioVector S3 (2730 €). Le tout, relié par un câble HP Furutech de bonne facture (offert), sera donc proposé à 5330 €.

Pour cette somme, on aborde le haut de gamme en douceur. L’ensemble se montre à la fois très musical et très ouvert, et évite à l’acquéreur bien des hésitations quant au choix d’une connectique optimale.

Les élégantes AudioVector S3, ici dans leur version Avant-Garde laquées rouge, semblent très à l’aise y compris dans une pièce de bonne taille, en dépit de leur gabarit discret. Une configuration qui devrait logiquement se retrouver dans bien des listes au Père Noël…

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Salon Haute Fidélité - 3


Goldmund

Très beau système mono-marque Goldmund sur le stand Jefferson. On peut parler ici d’une certaine magie, qui se découvrait au fil de l’écoute, tant nous étions ici aux antipodes de la démonstration ostensiblement spectaculaire … Pour n’écouter que de la musique.


Les enceintes Épilogue 1 (40000 € la paire) font en effet merveille sur les voix, qu’elles soient solistes ou choristes, mais on les attend évidemment un peu au tournant sur des programmes plus tonitruants et chargés en basses fréquences ! Ce dont elles s’acquittent fort bien, avec notamment un grave profond qui transcende littéralement leur gabarit plutôt modeste, sans doute obtenu grâce à l’activation de la fonction Léonardo (correction des caractéristiques des transducteurs), mise en œuvre au niveau du préampli numérique Mimesis 16 (23000 €).

On retrouvait par ailleurs dans cette installation le lecteur Eidos 20 D (12900 €), qui fournissait une modulation numérique S/PDIF au Mimesis 16. Ce dernier effectuait le suréchantillonnage sur 24 bits cadencés à 96 kHz, la correction, et passait ces informations aux amplis à entrées numériques Telos 1000.

Les produits Goldmund arborent une des plus belles finitions qui soient, et sont probablement à la haute fidélité ce qu’une montre Jaeger-LeCoultre est à l’horlogerie. Un système d'une exquise transparence, susceptible de plonger l’auditeur dans une sorte de félicité et de paix intérieures. Une atmosphère très recueille baignait en effet ce stand qui faisait recette tout au long des démonstrations... Et où l'on ne cherchait surtout pas à assourdir le chaland.


Vyger - Audia Flight – Fisher & Fisher

Sur ce petit stand regorgeant de matériel, on se pressait pour regarder et écouter la platine italienne Vyger Atlantis, sorte d’exercice de style jusqu’au boutiste reposant sur trois imposants piliers (30000 € pour la platine, le bras tangentiel alimenté en air comprimé et le système de pompe à vide servant à plaquer le disque sur le plateau).

Ce sommet d’ingénierie analogique était ici équipé d’une cellule Van den Hul Colibri, et démontrait à quel point il y a des transitoires, de la dynamique et du niveau dans le grave sur de bons disques noirs (les lecteurs les plus observateurs auront reconnu l'un des vinyles en question : Un certain The Wall, d'un groupe anglais à peine célèbre).

L’amplification Audia Flight très pêchue (préampli Pre MkIII et ampli 100 MkIV, 2w100 W en pure classe A), et la restitution roborative mais détaillée des enceintes allemandes Fisher & Fisher SN 770 (caisse réalisée en véritable ardoise, 151 kg sur la balance !) n’y étaient évidemment pas étrangères… Un monstrueux système, insaturable, spécialement conçu pour les amateurs d’émotions fortes !


Soulution - Magico - Kharma

Finalement, plus le système est somptueux, plus il est difficile de trouver les mots justes pour le décrire. Sound & Colors avait déployé une installation sans compromis associant les électroniques Soulution et les enceintes Magico.

Alimentés par une ligne secteur spécialement tirée, le lecteur CD/SACD 745 (39500€), le préampli 720 (18500 € sans entrée phono, 22000 € avec), et pas moins de quatre amplificateurs 700 (73000 € la paire) en bi-amplification passive.

Monstreux câblage assuré par Kharma (compter environ 15 % du prix total du système).

Pour terminer l'ensemble, les fameuses enceintes américaines Magico M5 (108000€). Faites l’addition vous-même, je ne retrouve plus ma calculette !

Cette configuration ultime incarne une forme de quadrature du cercle, que les audiophiles et les mélomanes passionnés ne cessent de parcourir sans jamais en trouver la fin…

Exceptionnelle neutralité des timbres, immense sérénité de la reproduction, ouverture magistrale de la scène sonore, retranscription du moindre détail sans l’effet de grossissement - spectaculaire mais artificiel – souvent rencontré sur les très gros systèmes. Tout y est ! La fenêtre ouverte sur l'orchestre est d'une limpidité exemplaire, les voix enregistrées en studio sont palpables et permettent d’identifier les micros utilisés, à la manière des meilleurs monitors (je pense à des modèles TAD).

Sans doute l'un des systèmes les plus transparents qui soient, délivrant une restitution proche de ce que sont (qu’étaient !) aussi capables de faire les meilleurs panneaux, mais sans leurs limitations typiques.

L'impression d’écouter de la musique en direct était souvent troublante, et les hochements de tête du public assez évocateurs. Un stand qui ne désemplissait pas et dont beaucoup de visiteurs sortaient avec un sourire béat !






JBL - Esoteric

Système écouté en toute fin de la manifestation, peu avant l’heure du démontage. Une impressionnante configuration, exclusivement composée d'électroniques Esoteric, mises au service des enceintes JBL K2 9900 (36 000 € la paire).



Et donc, en amont : Le lecteur CD P03 et le convertisseur D03 (13990 € chaque appareil), le préampli C03 (9000 €) et l’ampli stéréophonique A3 (2x50 W, 12000 €), que l'on voit ici de plus près.

Pour les amoureux de grand son, neutre, finement détaillé, avec beaucoup d’amplitude - et de tenue - dans le bas du spectre. En dépit du gabarit des enceintes, un résultat tout en délicatesse, très posé, avec un côté presque sombre.

De toute évidence, les électroniques Esoteric font le maximum pour retranscrire les moindres micro-informations d’un enregistrement, mais sans jamais exacerber la dynamique globale du message… Comme il était tard et que tout le monde était un peu fatigué, ça tombait plutôt bien !


Et pour conclure, une très bonne surprise sur ce stand, la platine Hans Acoustic T30, magnifique objet de précision, proposée à 2990 € (sans bras).

Voilà qui clôt cette visite.

Comptez sur Signal sur bruit pour être de nouveau présent à d'autres manifestations de ce type !

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mercredi 14 octobre 2009

Salon HiFi Home Cinema - 10 et 11 octobre 2009

La sortie de crise pour le marché audio-vidéo grand public ?

Difficile de dire si le marché de la haute fidélité et du home cinema suit ou anticipe une sortie de crise annoncée par certains opérateurs financiers, mais toujours démentie par nombre d'observateurs plus prudents.

Toujours est-il que dès samedi matin, les visiteurs se pressaient à l'entrée du salon et qu'à 11 heures à peine, les différents stands des cinq étages réservés à cette manifestation faisaient déjà concurrence de décibels ! Il faisait très chaud dans certaines pièces d'écoute dont la climatisation s'avérait peu discrète et où il était difficile de trouver une bonne place assise. Un signe encourageant pour les marques et importateurs, même si le visiteur ressort d'un tel festival avec les oreilles un peu fatiguées...

A l'exception faite de quelques stands, les prix des appareils/systèmes ne fléchissaient guère par rapport aux standards habituels de l'audio haut de gamme. Mais ne boudons pas notre plaisir de retrouver de nombreux grands constructeurs et configurations de haut vol, tous rassemblés en un seul endroit. La vidéo était quant à elle assez peu représentée cette année, et les configurations multicanaux se comptaient sur les doigts d'une main à peine...

Impossible évidemment de rendre compte de la totalité des démonstrations, mais on trouvera ci-dessous quelques morceaux choisis parmi cette débauche de beau matériel...


JVC

Pour nous mettre en bouche, sur la mezzanine, JVC proposait une démonstration de TV 3D HD toute simple et de bon goût. Munis de lunettes polarisantes, le public pouvait profiter d'un effet de relief très convaincant, qui ne nuisait ni au piqué ni à la colorimétrie de l'image...

Bientôt le téléviseur de Mr Toulemonde ? Pas tout à fait, car il faut les programmes et les supports qui vont bien.

Mais tout le monde y travaille et pas seulement les maisons de production de films d'animation, comme on a pu le voir récemment au cinéma !



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Salon HiFi Home Cinema -1


Pass Labs - Rockport - EMM Labs


Dans une des salles déjà bien tièdes, le préampli Pass Labs XP20 (8600 €) et les blocs de puissance X 100.5 (15990 € la paire) côtoyaient le lecteur EMM Labs CDSA SE (11500 €) et les fameuses enceintes Rockport Mira (17500 €), qui présentent tous les attributs du très haut de gamme : transducteurs de course, conception pointue, finition laquée de luxe.

Du très beau matériel 100% made in the US, capable d'une restitution très présente et transparente, qui s'était d'ailleurs bien assouplie le second jour du salon.


A ce propos, cette première visite purement audio permet de redire ce que l'on ne répétera jamais assez : ce type de manifestation vaut pour le fait de découvrir des nouveautés, pour voir (et revoir) de près des appareils et systèmes que l'on découvre dans la presse. Mais un beau système audio nécessite une bonne période de stabilisation, tout comme la dégustation d'un grand vin ne se fait pas juste après avoir secoué la bouteille...
Pour ce qui est d'assister à des écoutes apaisées démontrant bien les qualités des produits, il faut plutôt s'adresser à des revendeurs spécialisés, et si possible pouvoir procéder à des écoutes en situation.

Discret mais présent (en statique), un nouveau produit français : l'intégré 4 entrées CERA Egérie, conçu par un certain Robert Rapp, des Artisans du Son. Une bête que l'on devrait voir sortir lors du prochain salon du revendeur, programmé du 27 au 29 novembre prochains à Mulhouse...


Audio Note

Présentation toujours hors norme chez Triode, qui proposait comme à l'habitude un système monomarque Audio Note.


Cette marque reste fidèle au 33 tours. Pour preuve, la platine TT et son alimentation, munie d'un bras Arm 3, d'une cellule MC 10.1 et de son transfo élévateur (5700 € l'ensemble), suivie de l'étage phono RIAA MM (5700 €).


Autre source utilisée, un lecteur CD très musical : le modèle CD 4 (à 8500 €). Et au coeur du système, un Baby Ongaku "Jinro", à tubes bien sûr, délivrant 2 x 22 W (seulement) pour 17000 € (seulement !).

Reportées dans les coins de la pièce, c'est à dire précisément là où des enceintes sont censées ne jamais devoir se trouver, les modèles AN-E HE, déconcertants parallélépipèdes au copieux rendement de 98 dB (6100 €).

Résultat ? Ca marche plutôt bien, très bien même ! Restitution vivante et naturelle, pas d'effet de redondance artificielle dans le grave, grande proximité avec le fait musical. Cette année encore, le stand Triode était l'un de ceux où l'on écoutait le plus... de musique !

Waterfall - YBA

Dans la famille des produits audio très lookés, il y a ceux qui n'offrent que le design, et ceux qui, en plus, fonctionnent. C'est le cas des enceintes Waterfall, dont les ébénisteries sont... en verre !

Fermons un instant les yeux, même si c'est en l'occurence dommage... Motivées par une batterie d'électroniques YBA, les Waterfall Niagara assurent une restitution large bande d'une très grande clarté, capable de niveaux sonores impressionnants.

Ce modèle très haut de gamme coûte quand même 27800 €, qui - selon le constructeur interrogé sur place - se justifient par les options technologiques et le choix des matériaux : verre "diamant" de forte épaisseur (dont l'usinage pointu fait notamment appel à une machine à commande numérique 5 axes qui avoisine le million d'euros). La forme spéciale du pavillon d'aigu est assurée par une découpe au jet d'eau de très forte pression. Chaque enceinte réclame environ 6 heures d'usinage et 4 jours de montage. Ce modèle embarque des haut-parleurs d'origine Atohm, dont les moteurs sont gainés de cuir.

Egalement présentés, les transducteurs très compacts et presque plats de la série Serio, qui permettent avec leur petit caisson de grave de constituer des ensembles 2.1 (pour 1000 €) ou 5.1 (à 1490 €) microscopiques et racés.


B&W - Rotel

Chez B&W - Rotel, présentation de deux systèmes très abordables et au rendu sonore précis et consistant, équilibré et musical.

La colonne B&W CM9 à 3 voies, prix EISA 2009 (2500 € la paire), était mise en mouvement par un ensemble constitué du préampli Rotel RC 1580 (1300 €) et de l'ampli de puissance RB 1582 (1500 €), la lecture CD étant confié au modèle RCD 1520 (990 €).
Un câblage SilentWire - marque d'origine allemande nouvellement importée par B&W France - complétait le tout.
Une configuration enthousiasmante, à l'épreuve du marasme économique !


Micromega

Le constructeur français Micromega revient sur le devant de la scène avec une nouvelle gamme d'électroniques et une nouvelle source numérique baptisée Airstream WM-10 (990 €, mais sans son très joli support !), au sein d'un système présenté par l'équipe de Présence Audio Conseil.

L'Airstream en question était connecté à un ordinateur par une liaison Wi-Fi 802.11x haut débit, qui délivrait en temps réel, via le logiciel iTunes, des fichiers musicaux résultant de la copie (sans perte) de CD audio, et sans doute bientôt de définition supérieure.

Le rôle de l'Airstream, qui se présente davantage comme une interface que comme une source à part entière, est d'effectuer la conversion numérique-analogique de ces informations, en faisant abstraction des pollutions électromagnétiques et des problèmes de synchronisation pouvant être induits par le raccordement direct d'un ordinateur au préampli/convertisseur d'un système audio.

Ce boîtier d'apparence très simple (pas d'entrée visible, une paire de sorties stéréo) et d'ergonomie "plug & play" alimentait directement des blocs d'amplification stéréo Micromega PW 400 (1500 €, ici utilisés en bi-amplification) qui eux-mêmes excitaient une paire d'enceintes à haut-rendement Avant-Garde Duo G2 (16000 €).

Une association électro-acoustique et esthétique presque "contre-nature" entre des transducteurs de rendement 106 dB aux formes rondes et pures, et de discrets parallèlépipèdes électroniques développant 400 W en technologie numérique.

La dynamique et les transitoires étaient évidement au rendez-vous ! La chaleur et la sensualité sans doute un peu moins, mais le bien-fondé de l'approche de Microméga en terme de propreté et de précision du message est manifeste. Et démontrait au passage que les quelques 4000 € dévolus à l'électronique ne déparaient pas devant la somme beaucoup plus importante que représentent les enceintes.


Goldmund - JM Lab

On se laissait assez vite séduire par la restitution délicate et neutre offerte par un des très gros systèmes démontrés sur ce salon. Au programme, beaucoup de musique vocale, de toutes époques et de tous styles, qui mettaient l'auditeur en contact rapproché avec les chanteurs... Cette neutralité est... Suisse et s'appelle Goldmund.



Sur les étagères, le lecteur Eidos (12900 €), le préampli numérique Mimesis 16 (23000 €), les amplis de puissance Telos 400 (29000 la paire). Ce coûteux ensemble drivait des JMLab Utopia Maestro (35000 € la paire). Le câblage complet était confié à des sections de chez Audio Works, à conducteurs 100 % argent (environ 6000 € en tout).
Si le prix fait du bruit, le système, lui, exhale la musique !


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Salon HiFi Home Cinema - 2


EAT Forte

Démontrée pour la première fois en France mais en présentation statique (elle tournait, néanmoins !), la platine TD EAT Forte, (12900 € avec bras Ikeda, 6150 € sans) démultiplie les moteurs et les solutions de découplage mécanique par rapport à l'environnement.

Le plateau lourd (40 cm de diamètre, près de 20 kg) repose sur un palier inversé à bille céramique dont la cuvette est recouverte de téflon. Des aimants néodymium insérés à la périphérie du plateau assurent un rôle de suspension magnétique qui soulage le palier afin, selon le constructeur, de réduire le rumble à sa plus simple expression.

Mais il est du coup possible, dans une certaine mesure, d'ajuster la valeur de la force de sustentation, et donc la pression résultante sur le palier, ce qui permet d'affiner les paramètres de lecture. Elle est munie d'un bras conçu par Osamu Ikeda, l'homme qui fut naguère le directeur industriel de la firme Grace, puis le patron de Fidelity Research. Le magazine Hi Fi World lui a consacré dans son numéro de mai 2009 un assez très bon article qui souligne sa capacité à immerger l'auditeur dans un flot très musical. Dommage qu'il n'ait été possible de l'écouter !

Signal sur bruit a pu réaliser un interview de Josefina Krahulcova, la directrice de Euro Audio Team, venue spécialement sur place pour promouvoir son... bébé ?

SSB - Quand avez vous lancé cette platine ?
J. Krahulcova - "Sa sortie remonte au mois de novembre 2008, et nous l'avons montrée pour la première fois au CES de Las Vegas début 2009"

SSB - Depuis quelques années, le vinyl revient en force et les platines tourne-disque n'ont jamais été aussi nombreuses. Quelles sont les raisons qui vous ont poussé à sortir ce produit ?
J.K. - "Nous voulions entrer en concurrence avec des modèles de très haut de gamme, mais qui nécessitent une installation spéciale, voire un positionnement spécifique dans la pièce d'écoute, tout en proposant un produit de dimensions plus conventionnelles. Nous profitons à fond du savoir-faire tchèque dans le domaine de l'industrie mécanique et avons donc développé des solutions d'amortissement très abouties, dans une conception relativement compacte, sans que la mise en oeuvre du produit n'en souffre. Il est tout à fait possible de poser cette platine sur un support audio conventionnel ou même sur un beau meuble dans un séjour..."

SSB - Est-il réellement possible pour l'amateur d'accèder facilement au réglage de la pression résultante sur le palier de rotation ?
J. K. - "Oui, absolument ! Le réglage d'usine correspond à une pression minimum, où la bille céramique ne fait qu'affleurer le fond du palier. On peut néanmoins facilement accèder, par le dessous de la platine, au réglage de sustentation magnétique afin d'augmenter cette pression, ce qui correspond au souhaits d'écoute de certains amateurs. Ce n'est pas exactement "plug & play", mais cela peut se faire sans difficulté."

SSB - Quel succès remporte cette platine ?
J. K. - "Assez bon pour un début. Nous la vendons dans 25 pays dans le monde et pratiquement dans tous les pays européens, en nous servant de notre nom, assez connu désormais dans le monde de l'audio. En France, elle est distribuée par Europe Audio Diffusion."

SSB - Quels sont les autres produits fabriqués par EAT ?
J. K. - "Depuis huit ans, nous fabriquons des tubes pour l'audio qui sont maintenant très réputés et nous tentons de profiter de notre réputation pour élargir notre gamme de produits..."


Vienna Acoustics - Project

Les enceintes Vienna Acoustics (société fondée en 1989) défrayent la chronique française depuis quelques années, grâce notamment à des performances objectives très élevées, notamment en regard de leur gabarit. Tous les modèles bénéficient de plus d'une finition exemplaire et embarquent en général des haut-parleurs maison aux membranes translucides faites d'un mélange spécifique de matériaux synthétiques leur assurant une exceptionnelle rigidité (et qui répond au doux nom de X3P).

A côté des "traditionnelles" Beethoven Baby Grand (ici en finition blanches 3399 € la paire), nous pouvons voir ici le récent modèle The Kiss, (11000 € la paire tout de même, plus 2100 € pour les pieds ) à la forme étonnante et à la finition une fois encore irréprochable, qui fera fureur dans des séjours très contemporains.

Les deux coffrets de cette enceinte peuvent pivoter l'un par rapport à l'autre (en site et en azimuth), et ce grâce à un sérieux système d'ajustement micrométrique. Du point de vue de l'écoute, on note immédiatement une grande capacité à remplir la salle d'écoute (très vaste) et une forme de délicatesse très aboutie dans la restitution. Un produit qui concilie manifestement les exigences esthétiques et les performances acoustiques.










Sur le même stand, on retrouvait notamment la marque Project (également autrichienne), avec le modèle de platine haut de gamme Xtension, équipée ici d'un superbe bras Ortofon.

Cette source très à la hauteur et de prix encore abordable pour un modèle jouissant d'une ingénierie poussée (4099 € avec le bras) était complétée par le ridiculement compact pré-préampli phono Tube Box SE II (de l'ordre de 450 €).


Métronome Technologie

Chez Métronome Technologie, une très belle démonstration faisait alterner les deux versions du lecteur CD One (5800 € avec étage de sortie à transistors, 6800 € pour le modèle à tubes), qui constituent la tentative du constructeur d'apporter les qualités du modèle de haut de gamme Kalista à un prix plus démocratique (ou presque !).

En complément, l'ampli intégré MT One qui ne développe que 2x5 W en classe A, mais 2x100 W en classe AB (6300 €), alimentait sans grande difficulté une paire de cultissimes Wilson Audio Watt/Puppy.

Très propre et posée, bien qu'un peu "lisse" peut être (avec le modèle CD One standard), la restitution s'avérait très fluide, et même presque sensuelle avec le CD One Tube, l'ampli intégré MT One faisant preuve de son côté d'un très bon contrôle d'une charge réputée problématique notamment dans le grave.


Kharma - Ayre - Soulution

Il n'y a pas de hasard : il fallait monter au 21e étage pour découvrir un sommet de l'audio : le système Kharma de très haut de gamme.

En amont de cette impressionante chaîne, un lecteur Soulution 740 et son alimentation séparée, suivi du préampli Ayre KX-R, installés sur un meuble Pagode, souvent rencontré dans les stands de ce salon. Au sol, tapis à côté des enceintes, deux blocs mono Kharma M 1000.

Et donc, les intrigantes Kharma Grand Exquisite, exercice sans concession de l'audio domestique (à condition de posséder la pièce d'écoute et les moyens financiers adéquats !), qui représentent un sommet d'ingénierie (tweeters diamant developpés en collaboration avec la marque Thiel, médiums céramique et boomers à membrane Nomex-Kevlar) sous une forme peu conventionnelle lookée rétro-de luxe.

Un robuste câblage secteur et modulation Enigma Signature complétait le tout. Budget total de l'ensemble : de l'ordre de 350000 € !

Un très gros système donc, et qui fonctionne. Paradoxalement, ce n'est finalement pas si courant lors de telles manifestations, où les installations doivent être faites rapidement dans des pièces dont l'acoustique est difficilement maîtrisable. Or, nous le disions en préambule, un système de ce niveau mérite une optimisation et une période de "rodage" bien supérieures au temps imparti lors d'un salon qui se déroule sur deux jours.
On ne se lasse pas d'admirer les formes et la somptueuse finition des Grand Exquisite !

Enfin, sur ce même stand, présentées en statique à côté de petits blocs de puissance Kharma (classe D) et d'un nouveau modèle de préampli, très compact également, un modèle d'enceintes danoises Davone (3950 € quand même), au look très étudié, munies d'un unique haut-parleur coaxial.



Pioneer - JVC

Les deux autres salles du 21e étage étaient occupés par Pioneer, qui déclinait en statique sa gamme d'électroniques (stéréo, audio-vidéo) et d'enceintes acoustiques.

Dans la grande salle investie par le constructeur nippon, une démonstration didactique et très professionnelle était effectuée en deux temps.

Tout d'abord avec une configuration purement stéréophonique regroupant le lecteur CD D9, l'ampli intégré A9 et les enceintes colonnes S81. Ensuite avec une projection d'images de concert appuyées par un système multicanal rassemblant le lecteur Blu-ray BDP-LX 9, l'ampli multicanal SC-LX, et les enceintes S3 et S8 (voie centrale) de la série EX. Et côté image, un imposant projecteur JVC DLA-HD750BE...

Une restitution sonore spectaculaire, même pour le petit système stéréophonique, surtout s'il on tient compte des dimensions respectables de la salle. En home-cinema, la résolution Blu-ray était parfaitement exploitée par le projecteur même si quelques artefacts en marches d'escalier restaient encore visibles. L'image présentait un contraste étonnant et une colorimétrie un peu forcée pour les besoins de la cause, mais dans l'ensemble cette démonstration laissait stupéfaits un grand nombre de visiteurs.


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